Personal tools
Log in

Skip to content. | Skip to navigation

Sections
You are here: Home A propos du MSC Dernières actualités

L’écolabel MSC répond aux violentes critiques de Rue89

25 February 2011

Le MSC conteste la véracité des critiques envers son programme de certification exprimées par Amélie Lescroël et Sylvain Angerand, co-auteurs de l’article  « Pêche durable : MSC, l’écolabel qui encourage le massacre ». 

Suite aux critiques qui ont été formulées à son égard, le MSC (Marine Stewardship Council) a souhaité publier un droit de réponse afin de rappeler les faits et informations précises à son sujet. 

Le MSC a démontré en dix ans seulement que son programme de certification apporte des bénéfices réels à l’environnement marins et aux écosystèmes. Parmi les améliorations entraînées par le programme dans lequel toute pêcherie peut s’engager de manière volontaire, citons l’amélioration de la santé des stocks de poissons, la réduction des captures accessoires, la mise en place de zones de non-pêche, la réduction des impacts sur les habitats marins, ou encore l’amélioration des connaissances scientifiques.

Le programme du MSC est une force positive en faveur du changement. Le MSC reconnaît et récompense les pêcheries dont les pratiques sont démontrées comme responsables et durables. Le référentiel et la méthodologie du MSC sont basés sur les meilleures données scientifiques disponibles. Des centaines de scientifiques à travers le monde ont participé à l’élaboration de son référentiel et de ses méthodologies ; participent à l’évaluation des pêcheries ; contribuent à la continuelle amélioration du MSC et sont présents dans sa gouvernance, pierre angulaire du sérieux et de la rigueur du MSC. 

Le MSC conteste ainsi :

  • Le format de l’article. Les auteurs n’étant pas des journalistes, leur texte doit être publié en tant que tribune d’opinion, afin d’éviter toute confusion pour les lecteurs de rue89.
  • Les critiques concernant la certification de pêcheries dont les stocks seraient effondrés. Une pêcherie qui adapte son effort de pêche aux fluctuations du stock de poissons, peut conserver sa certification MSC, principe unanimement reconnu en matière de bonne gestion des pêches.
  • Les attaques concernant la certification de la légine antarctique. Toute pêcherie certifiée via le référentiel MSC a démontré sa durabilité. Sous l’égide de la CCAMLR (Convention sur la conservation de la faune et la flore marines de l’Antarctique), la pêcherie de légine certifiée pratique une pêche des plus précautionneuses.
  • Les données citées quant au lien entre MSC aux pays du Sud. Le MSC encourage les pays en voie de développement à intégrer la certification, à travers un programme et des projets spécifiques. Plus de 40 pêcheries du Sud sont actuellement engagées vers la certification.
  • Les critiques concernant l’indépendance du MSC et le système d’audit. La transparence du processus de certification MSC, dont chaque étape est publiée et ouverte à consultation, va bien au-delà des systèmes de certification traditionnels. Le MSC est l’unique écolabel pour les produits de la mer qui respecte les directives de la FAO en la matière.

Réponses détaillées pour chacune des attaques avancées

Rue89

Chez Carrefour, le poisson est à la fête : du 17 au 23 février, l'enseigne de distribution lance sa semaine de communication « Les Jours bleus ». L'objectif est de promouvoir l'écolabel MSC censé garantir aux consommateurs que leur poisson est issu d'une pêche durable. Problème : depuis quelques mois, ce label est au cœur d'une controverse scientifique grandissante.

MSC, cela veut dire Marine Stewardship Council ; on peut traduire ça par « pêche durable ». Parce que du poisson, justement, il n'y a en a plus beaucoup :l'effondrement des stocks à cause de la surpêche est l'un des principaux problèmes écologiques actuels.

Or, pour continuer à vendre, il faut rassurer le consommateur. Créé en 1997 par le WWF et Unilever, ce label a mis du temps à trouver ses marques. 

MSC

Le MSC est né précisément pour répondre au grave problème posé par la surpêche, pour orienter les pratiques de pêche vers des systèmes de gestion durable, et des ressources pérennes. C’est ce qui explique la collaboration d’origine entre une entreprise telle qu’Unilever et une ONG environnementale. Nous retrouvons avec l’écolabel le principe d’un développement durable : garantir une activité économique (la pêche), ses aspects sociaux (de nombreux emplois sont concernés) et environnementaux (préservation des océans). C’est un programme basé sur l’engagement volontaire des pêcheries. 

Pour rappel également, le MSC est indépendant de ses deux fondateurs depuis bientôt 10 ans.

Rue89

Mais depuis quelques années, le logo en forme de petit poisson bleu et blanc se multiplie sur les boîtes de poisson pané et autres étalages des grandes surfaces.

Des autorisations injustifiées
Au départ, les scientifiques étaient plutôt enthousiastes à l'idée de mieux encadrer la pêche et d'encourager la pérennité des populations. Mais rapidement, les premiers couacs sont apparus. Il y a eu la certification, en 2004, d'une pêcherie de merlu en Afrique du Sud alors que le stock est considéré comme effondré.

MSC

La pêcherie de merlu sud-africaine a obtenu la certification MSC alors que ses stocks avaient diminué. En effet, le MSC intègre dans ses critères d’évaluation non seulement l’abondance du stock mais également la capacité de la pêcherie à réagir en cas de diminution de ce stock (dont elle n’est pas systématiquement responsable). Ce qui explique que celle-ci ait pu obtenir la certification, car elle avait mis en œuvre d’importantes mesures de rétablissement de son stock de merlus (réduction des quotas et de l’effort de pêche). Ses activités continuent d’être suivies de près par des équipes scientifiques. Par ailleurs, cette pêcherie a mis en place, dans le cadre de sa certification, des solutions relatives à la protection des habitats marins et à la réduction des captures accidentelles d’oiseaux, en accord avec le WWF et BirdLife International. 

Rue89

Rebelote en 2009 avec une autre pêcherie de merlu du Pacifique.

MSC

La pêcherie de merlu du Pacifique a été certifiée en 2009 après 2 ans d’évaluation. Cette pêcherie est caractérisée par une importante variation de ses stocks, à laquelle elle s’adapte en limitant son effort de pêche et en le réduisant à des niveaux extrêmement modérés lorsque les tendances sont à la baisse.

Rue89 

Plus récemment, une polémique a éclaté sur le colin d'Alaska, un poisson en bonne place sur les étals de Carrefour.

MSC

Le MSC était accusé de maintenir la certification du colin d’Alaska alors que les stocks avaient chuté fortement entre 2004 et 2009. Or, il faut noter que les quotas définis par les scientifiques avaient également diminué en conséquence sur cette pêcherie. Ces bonnes pratiques de gestion ont vu leurs efforts récompensés, la dernière évaluation scientifique du NMFS (National Marine Fisheries Services) ayant révélé que la biomasse de colin d’Alaska en Mer de Béring a doublé depuis l’évaluation de 2010 (4,6 millions de tonnes en 2010 pour 9,6 millions en 2011).

Rue89

Légine antarctique : la certification de trop
Malgré toutes les incertitudes sur l'état des stocks, les industriels ont fait appel au MSC pour rendre « respectables » ces prélèvements. Bingo ! En novembre 2010, ils ont obtenu le précieux label au grand dam des scientifiques qui l'ont fait savoir dans la revue Science. 

Cette certification est celle de trop : la légine antarctique est une espèce dont on ignore où et avec quelle fréquence elle se reproduit puisque personne n'a jamais retrouvé ni œufs, ni larves.

MSC

L’argument sous-entend, par hypothèse, que l’on ne peut pêcher une espèce sans la mettre en danger qu’à partir du moment où l’on atteint des niveaux quasi-parfaits d’information à son sujet. Ce que le MSC défend à travers cette certification, à l’instar d’une large majorité de scientifiques, est qu’il est possible de pêcher une espèce de façon limitée, ne mettant pas en risque l’espèce visée, en parallèle d’un travail scientifique approfondi.

Rue89

Surtout, cette pêche a ouvert aux chalutiers les eaux du sanctuaire maritime de la mer de Ross, en Antarctique, qui est considéré comme l'écosystème marin le plus préservé au monde. 

MSC

Pour être précis, la légine n’est en aucun cas péchée au chalutier mais à la palangre, ligne posée qui n’a pas d’impact sur le fond des océans. 

De plus, ne nous trompons pas de combat.

La certification MSC n’est pas responsable de l’ouverture de la pêche à la légine dans la mer de Ross : depuis 30 ans, 26 pays se partagent cette zone de pêche, sur la décision des Etats. Il n’appartient pas au MSC de décider si une zone internationale doit être fermée à la pêche mais aux gouvernements ; le MSC apporte son référentiel au service des pratiques de pêches les plus respectueuses possibles de l’espèce marine visée et de l’écosystème qui l’entoure. 

Rue89

La légine en est une espèce-clé et son exploitation menace l'équilibre du système ainsi que les populations de cachalots, orques et phoques qui s'en nourrissent. Un scandale.

MSC

La pêcherie de légine de la mer de Ross certifiée MSC est une pêcherie durable, qui obéit à une gestion très stricte mise en place par la CCAMLR. La pêcherie est autorisée à pêcher 3000 tonnes par an, ce qui constitue un quota extrêmement précautionneux, avec à bord de l’ensemble des navires la présence systématique d’observateurs scientifiques indépendants.

La problématique des informations disponibles sur la biologie de la légine australe a été identifiée lors du processus de certification MSC, qui a imposé l’obligation d’observation et d’analyse de l’espèce et de son écosystème. Ces données biologiques et écologiques sont précieuses en termes de protection de la ressource et seront récoltées grâce à la certification.

Rue89

Le label MSC, c'est du sérieux. La preuve, il interdit explicitement les techniques des pêches destructrices. C'est à dire l'utilisation de poison ou, mieux, de dynamite. C'est bien mais c'est insuffisant, c'est un écran de fumée pour détourner l'attention de techniques beaucoup plus répandues et tout autant destructrices. L'utilisation de chaluts de fond qui détériorent les fonds marins et capturent l'ensemble des espèces sans aucune distinction est l'une d'elles.

MSC

Le MSC accepte en effet dans certaines circonstances, sous réserve d’un contrôle strict et de mesures appropriées, le chalutage de fond, dont l’impact est évalué dans le cadre du Principe numéro deux de notre référentiel, lié à la protection des habitats et écosystèmes marins. L’évaluation doit démontrer qu’il n’existe pas d’impacts inacceptables sur les habitats et écosystèmes, informations revues ensuite par des experts tiers dans le cadre de la procédure du MSC. Enfin, les critères de labellisation établis par la FAO, organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture, interdisent la discrimination en fonction du matériel de pêche utilisé, en dehors du poison et des explosifs. 

Rue89

Levons le voile sur le grand mystère : le MSC est un système contrôlé par l'industrie et les pays développés et ils ne s'en cachent pas.

MSC

Il n’y a pas de mystère. Il n’y a pas de complot non plus. Le MSC est une association totalement indépendante, dont toutes les sources de financement sont absolument transparentes : merci de consulter notre rapport annuel sur notre site Internet.

Rue89

D'habitude, il y a toujours un responsable africain ou originaire d'Amérique du Sud dans le bureau de ce genre d'organisation pour faire illusion mais là, non. Aucun des treize membres du conseil du MSC ne provient d'un pays du Sud.

MSC

L’intérêt que notre association porte aux pays en voie de développement ne se mesure pas à la couleur ou à l’origine de nos membres, mais aux ressources que nous avons choisi d’allouer envers ces pays : plus de cinq personnes, un bureau en Afrique, un bureau en Amérique du Sud, ainsi qu’une expertise scientifique spécifiquement allouée au programme d’évaluation des pêcheries des pays du Sud. Nous avons ces derniers mois organisé de nombreux ateliers en Afrique de l’Ouest, de l’Est, du Nord, ainsi qu’en Asie du Sud-est.

C’est ainsi que nous entendons démontrer le sérieux de notre programme, et non par le décompte de ses représentants.

Le MSC développe un programme spécifique pour les pêcheries des pays du Sud, confrontées à de nombreuses limites pour accéder à notre programme : manque de moyens, de données répertoriées, manque de structures d’encadrement de la pêche, etc. Et auxquelles l’écolabel peut pourtant apporter de nombreux bénéfices: moyens de subsistance, accès à de nouveaux marchés, pérennité écologique des stocks de poissons.

Enfin, le coût d’une certification est notamment fonction de la taille de la pêcherie. Ce qui signifie que le coût supporté par une pêcherie industrielle sera très souvent plus important que celui d’une pêcherie artisanale. Il existe également de nombreuses solutions de financement et d’aides à disposition des pêcheries de petite taille.

Rue89

Dans un excellent rapport, Stefano Ponte, de l'Institut danois d'études internationales, nous explique comment, à la fin de l'apartheid en Afrique du Sud, les grandes entreprises se sont ruées sur le MSC pour éviter que le gouvernement ne redistribue plus équitablement les quotas de pêche avec les nouveaux arrivants.

MSC

Le MSC ne détermine ni n’influence en aucune manière la définition et la répartition des quotas de pêche dans le monde. Cet argument est totalement illégitime. Les Etats sont souverains en la matière.

Rue89

Une autre technique consiste à multiplier les réunions dans les pays du Nord, notamment celles où sont discutés les critères de certification : c'est radical pour éviter que des représentants des pays du Sud, qui n'ont pas les moyens de parcourir la planète, ne participent. Et si cela ne suffit pas, on va faire payer les râleurs.

MSC

Cet argument n’a aucun fondement. Le MSC n’a jamais cherché à éloigner les pays du Sud de son programme, pour lesquels il développe par ailleurs des actions spécifiques destinées à les intégrer. Il est absurde d’attaquer une organisation sur la base du pays dans lequel elle est basée : à ce titre, toutes les grandes ONG environnementales ou humanitaires se transforment en complots du Nord contre les pays du Sud…soyons raisonnables.

Rue89

Les scientifiques sont bien souvent des gens rigoureux et obstinés : face au refus de l'organisme certificateur de prendre en compte leurs remarques sur la pêche à la légine antarctique, ils ont décidé de déposer une objection formelle . Une procédure pour laquelle MSC leur a demandé la bagatelle de 18 000 euros. Aujourd'hui, le MSC a fait un effort, ce recours ne coûte plus que 6 000 euros

MSC

Le financement d’une objection par l’objecteur est une directive de la FAO que le MSC respecte.

Il est de plus inexact d‘affirmer que le dépôt d’une objection coûte 6000 euros. Déposer une objection durant la procédure d’évaluation n’a aucun coût. En revanche, si l’objection est acceptée, le travail des équipes de certification pour analyser la pertinence de l’objection, le juge indépendant qui rendra le verdict final, les experts etc. doivent être rémunérés pour ce travail supplémentaire.

Le MSC n’a aucune intention d’empêcher qui que ce soit de participer à l’objection sous couvert de contraintes financières.

La procédure d’évaluation du MSC, qui dure plusieurs mois, invite toute partie prenante intéressée à intégrer le processus en amont, afin de partager toute limite qu’elle pourrait opposer à la certification d’une pêcherie. Notons également qu’une objection a récemment conduit au retrait de la certification MSC pour la pêcherie de macquereau (L'isles Faroes). 

Rue89

Le MSC n'aime pas qu'on le chatouille sur son indépendance.

MSC

Le MSC est ouvert à toute critique fut-elle constructive et fondée. Le MSC est basé sur un système établi dans l’objectif de garantir son indépendance. En tant que structure aux ressources limitées, nous préférons en effet les allouer à d’autres activités que la réponse à des arguments injustifiés.

Rue89

L'argument, développé dans un communiqué, est bien rodé :
« Le MSC ne touche aucune somme d'argent liée à l'évaluation et à la certification d'une pêcherie, afin de garantir toute son indépendance. »

Sauf que le problème n'est pas là. Comme la plupart des certifications, MSC accrédite un certain nombre d'entreprises privées qui se chargeront des audits de certification.

MSC

Les auditeurs chargés de la certification ne sont pas mandatés par le MSC. Nous n’accréditons personne. Ils sont accrédités par une organisation tierce, l’ASI, qui accrédite de nombreux organismes certificateurs dans le cadre d’autres labels ayant aujourd’hui largement démontré leur sérieux tel que le FSC.

Rue89

C'est ensuite qu'il y a conflit d'intérêt : une pêcherie qui souhaite être certifiée fait appel à une des sociétés accréditées et la paye pour réaliser l'audit.

MSC

C’est au contraire ici même que le système a été pensé pour éviter les conflits d’intérêt. Que dirait-on d’un label qui s’octroie directement une rémunération pour auditer lui-même ? Une certification nécessite de la part d’une équipe d’audit et d’experts une moyenne de 18 mois de travail. Il est légitime que les personnes en charge de l’audit soient rémunérées pour cela, et la pêcherie supporte ce coût que le MSC ne doit en aucun cas ni supporter, ni encaisser, sous peine d’impartialité.

Rue89

Quand on sait qu'un audit MSC coûte entre 10 000 et 100 000 euros et que ces sociétés d'audit sont en très forte concurrence, chacun comprendra que l'indépendance est très relative.

MSC

Concernant l’évaluation, l’organisme de certification est accrédité pour cela et met en jeu son accréditation ainsi que sa réputation s’il fait preuve d’impartialité pour la pêcherie qui le rémunère. C’est le principe même de l’audit. Le MSC va néanmoins plus loin en rendant le rapport d’évaluation public et accessible à tous, ce qui facilite le contrôle et la transparence. Enfin, l’évaluation fournie par l’auditeur est soumise à relecture par des experts indépendants.

Rue89

Le système a un autre « avantage » pour les petits pêcheurs des pays du Sud : pas besoin de dépenser vos économies pour assister aux réunions ou de porter plainte quand vous n'êtes pas d'accord, de toute façon vous ne pourrez jamais vous payer un audit.

MSC

Nous avons déjà répondu à cet argument. Nous souhaitons néanmoins rappeler qu’il ne faut pas confondre pêche des pays du Sud et pêche artisanale : les pêcheurs du Sud regroupent des types de pêche très différentes : pêche artisanale, pêche industrielle, pêche illégale…La diversité est grande et il est important de ne pas établir de raccourci.

Document Actions