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De nouvelles recherches sur les pêcheries à faible niveau trophique pour guider les organismes de certification

26 July 2011

La revue scientifique hebdomadaire Science a publié sur son site internet une analyse scientifique innovante sur les impacts de la pêche d’espèces à faible niveau trophique sur les écosystèmes marins. L’étude a été lancée et financée par le Marine Stewardship Council pour fournir aux organismes de certification des directives sur les bonnes pratiques à adopter pour l’évaluation des pêcheries à faible niveau trophique.

Plus de 30% de la production globale des pêcheries concerne les petits poissons pélagiques comme l’anchois, la sardine et le lançon. Ces espèces à faible niveau trophique jouent un rôle significatif pour la sécurité alimentaire, particulièrement dans les pays en voie de développement. Elles sont pêchées par quelques unes des plus grosses pêcheries du monde, comme l’anchois péruvien. Les espèces à faible niveau trophique jouent aussi un rôle majeur dans l’écosystème global, et les systèmes de gestion des pêcheries reconnaissent la nécessité d’adopter des stratégies d’exploitation qui maintiennent des niveaux durables d’espèces prédatrices.

La consultation du MSC engage une expertise globale

En septembre 2009, le MSC a initié une consultation de 12 mois pour examiner les meilleures pratiques globales de gestion des pêcheries à faible niveau trophique et pour réviser en fonction la Méthodologie d’Evaluation des Pêcheries (FAM) du MSC.

Au cours du processus d’évaluation, réunissant la communauté d’experts marins, le MSC a également commissionné un groupe de scientifiques internationaux pour mener un travail de modélisation évaluant l’impact de différentes stratégies d’exploitation sur les pêcheries à faible niveau trophique et les prédateurs qui en dépendent.

L’étude, menée par le Dr Tony Smith de l’Organisation fédérale pour la recherche scientifique et industrielle en Australie (Australian Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation), a utilisé 3 types de modèles sur des écosystèmes de 5 régions différentes dont les dynamiques sont bien connues. Ces modèles ont été utilisés pour évaluer et comprendre l’impact des différentes stratégies d’exploitation pour les pêcheries à faible niveau trophique sur les stocks cibles et les prédateurs qui en dépendent.

Des stocks plus élevés minimisent les impacts sur l’écosystème

Les résultats, publiés hier, montrent qu’un niveau de capture de ces espèces à 40% de la biomasse inexploitée peut avoir des impacts significatifs sur les écosystèmes, en particulier si ces espèces sont très connectées dans les chaînes alimentaires ou si elles représentent une large part de la biomasse de l’écosystème. Dans certaines situations, les résultats indiquent qu’un niveau de stock à  75% de la biomasse inexploitée est nécessaire pour minimiser les impacts sur l’écosystème. Maintenir des niveaux de stocks importants permet de protéger les besoins d’autres espèces dans l’écosystème, sans exiger une réduction des captures des pêcheries supérieure à 20%.

Ces études ont révélé que l’abondance relative dans l’écosystème et les connections dans la chaîne alimentaire des espèces à faible niveau trophique étaient des facteurs importants influant sur les effets générés par leur capture. Consommer des espèces à faible niveau trophique très connectées dans la chaîne alimentaire (représentant  4% ou plus des connexions trophiques) entraîne toujours des impacts importants.

De nouveaux conseils pour améliorer la durabilité

La Méthodologie actuelle d’Evaluation des Pêcheries a déjà reconnu le rôle majeur des espèces à faible niveau trophique (LTL) dans l’écosystème. Actuellement, ces pêcheries LTL doivent avoir des stratégies d’exploitation de précaution laissant des niveaux de biomasse plus importants dans l’océan que d’autres  types de pêcheries. Les résultats de ces recherches vont permettre au MSC de clarifier les attentes spécifiques pour ce type de pêcheries. Ces directives spécifiques aux pêcheries LTL sont en cours de finalisation et devraient être présentées le mois prochain.

Le Dr David Agnew, Directeur de l’équipe des Référentiels du MSC, a indiqué : «les systèmes de gestion efficaces des pêcheries sont fondamentaux pour maintenir la santé des stocks de poissons et des écosystèmes marins. Le MSC s’engage à ce que nos développements techniques soient scientifiquement rigoureux, et je voudrais remercier le Dr Smith et son équipe, ainsi que la communauté internationale d’experts et de parties prenantes qui ont contribué à cette étude qui aura des impacts pratiques sur la gestion future et l’évaluation des pêcheries à faible niveau trophique.»

« Le programme du MSC est dynamique. Lorsque de nouvelles règles sont introduites, nous nous assurons qu’elles reflètent les avis partagés par la communauté scientifique, et qu’elles sont déjà  en place dans les meilleurs systèmes de gestion des pêches. Les évolutions futures, comme celles générées par le travail sur les impacts benthiques et la gestion géographique, suivront  les mêmes procédés transparents et rigoureux qui ont été appliqués au développement des directives relatives aux faibles niveaux trophiques.»

Pour plus d’informations, contactez :
helen.pitman@msc.org ou dan.hoggarth@msc.org

L’extrait du rapport est accessible sur Science Express. Les abonnés pourront lire le rapport entier ou choisir de payer sa lecture. Le rapport apparaîtra dans la version imprimée du magazine Science plus tard.

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