MISE A JOUR : Le manque de preuves bloque l’investigation du MSC sur la légine australe jugée étiquetée à tort
23 September 2011
Suite aux allégations du Dr Peter Marko, le MSC n’a pas pu poursuivre ses investigations sur les supposés défauts dans la chaîne d’approvisionnement des produits à base de légine australe de Géorgie du Sud.
Suite à la publication dans Current Biology (Marko et al., Current Biology, Volume 21, Numéro 16, R622), l’équipe en charge de l’investigation s’est rapprochée du Dr Marko et des co-auteurs de l’article, Holly Nance and Kimberley Guynn, pour obtenir 4 informations indispensables sur leur échantillonnage pour établir si les produits testés ont été, ou non, étiquetés à tort.
Les données nécessaires sont :
- Le lieu de l’échantillonnage
- La date et l’heure de l’échantillonnage
- Le numéro de certificat de la Chaîne de Garantie d’Origine (License d’utilisation du logo)
- La forme du produit
A ce jour, aucune de ces données n’a été fournie, même si nous avons été informés, qu’elles seraient mises à notre disposition dans le futur.
Le Dr David Agnew, Directeur de l’équipe des Référentiels, explique : «nous prenons l’intégrité de la chaîne d’approvisionnement très au sérieux et nous sommes très déçus, qu’un mois après le début de notre investigation, nous n’ayons pu progresser dans notre recherche à cause d’un manque de données sur l’échantillonnage».
«Sans de telles données, nous ne sommes pas capables de juger s’il y a eu substitution de produit dans la chaîne, entraînant un défaut d’étiquetage. Une fois que nous aurons ces données, nous les étudierons et présenterons les résultats.»
En attendant, le MSC met à disposition son étude de 2009 sur le contrôle de la chaîne d’approvisionnement de la légine, qui n’a pas révélé de problème d’étiquetage. L’étude Marko et al. a utilisé des légines échantillonnées en 2008.
Les données sur les échantillonnages de 2009 du MSC nous laissent confiants sur la chaîne d’approvisionnement
En 2009, le MSC a obtenu des échantillons de légine venant de chaînes d’approvisionnements certifiées et non certifiées puis a examiné leur origine grâce à une analyse ADN. Le travail, commandité par le MSC, a été réalisé par Tepnel Life Sciences. L’échantillonnage a suivi les protocoles standards définis par le laboratoire et par le MSC. Toutes les données significatives ont été enregistrées. Au départ, le laboratoire ne savait pas quels étaient les échantillons provenant des chaînes certifiées MSC.
La méthode d’analyse choisie fut le séquençage de 3 régions d’ADN (ND2, 12S et la région de contrôle), qui est une méthode plus sûre que l’approche RFLP (Polymorphisme de longueur des fragments de restriction) utilisée par Shaw et al. (2004) et Marko et al. (2011). Au lieu d’utiliser des études existantes pour l’échantillonnage de référence, qui, comme reconnu par Marko et al. (Information supplémentaire) pourrait contenir des biais non connus, de nouveaux échantillons de référence ont été collectés au sein de populations des Iles Malouines et de Géorgie du Sud. L’étude faisant partie d’une étude globale d’intégrité de produit, les tailles d’échantillons ont été nécessairement limitées à 10 poissons labellisés MSC, 2 poissons non-labellisés MSC et 26 poissons de chaque population de référence.
Nous avons établi que la région 12S du gène était la plus adaptée pour différencier des légines de 2 populations. Sur la région 12S du gène, 96,1% des échantillons des 2 populations ont montré des séquences haplotypes (96% des échantillons de Géorgie du Sud ont montré un haplotype TG alors que 96% des Iles Malouines ont montré un haplotype AC). Tous les poissons labellisés MSC possèdent l’haplotype TG et les deux non-labellisés MSC possèdent l’haplotype AC. Les résultats complets pourront être donnés sur demande.
Les allégations de Current Biology non confirmées par la publication des données
Le Dr Agnew rajoute «même avec cette méthodologie robuste, notre étude a trouvé des haplotypes AC dans la population de référence de Géorgie du Sud et des haplotypes TG dans la population de référence des Iles Malouines. Ceci reste cohérent avec des études précédentes (Shaw et al., 2004), qui ont montré des séparations génétiques très grandes entre ces 2 populations malgré leur proximité, même s’il y a encore des gènes résiduels»
« Ainsi, il n’est pas possible, avec le niveau d’étude génétique des populations décrit dans la publication Marko et al. (2011), de relier des poissons individuels à des populations spécifiques. La déclaration catégorique dans Marko et al. (2011) qui dit que ‘toutes les légines certifiées MSC ne viennent pas de pêcheries certifiées’ ne peut pas être déduite de leur étude. De plus, sans échantillons exhaustifs de populations de référence, il n’est pas possible d’établir que les poissons qui avaient au préalable des holotypes non identifiés (comme les holotypes I and J in Marko et al., Information supplémentaire) ne proviennent pas d’une population source de Géorgie du Sud.»
Le MSC est prêt à poursuivre son investigation
Bien que le MSC n’ait pas identifié de cas de substitution de produit lors de ses échantillonnages de 2009, contrôler l’intégrité des chaînes d’approvisionnement reste une priorité actuelle et future. Amy Jackson, directrice adjointe de l’équipe des Référentiels et chargée de l’intégrité des chaînes d’approvisionnement au sein du MSC, explique : «malgré la date des échantillonnages publiés par Marko et al., des données significatives et compréhensibles doivent être fournies par le Dr Marko et ses collègues pour que le MSC puisse entreprendre son investigation.»

