Pêche fantôme : Gérer les impacts des engins de pêche

décembre 3, 2019

Il n'est pas rare de perdre des filets, des lignes ou des casiers en mer. Les bateaux de pêche peuvent perdre le contrôle de leurs engins de pêche en cas de tempête ou s'ils sont abîmés pendant la pêche.

Lorsque les engins de pêche étaient fabriqués en matériaux biodégradables, ce n'était pas un problème. Mais désormais les engins de pêche sont surtout faits de plastique. Une fois dans les océans, les fibres des fils de pêche monofilaments peuvent mettre 600 ans à se dégrader. Les engins de pêche abandonnés peuvent dériver dans les profondeurs, capturant ainsi tout ce qui se trouve sur leur passage, emmêlant et emprisonnant la vie marine. On appelle ce phénomène la pêche fantôme. Les filets de pêche peuvent étouffer des barrières de coraux, et des casiers de crabes peuvent continuer de capturer des animaux marins sur les fonds marins. 

De récentes études ont révélé l'ampleur du problème. La FAO estime qu'au moins 640 000 tonnes d'engins de pêche est perdue chaque année et que 10% des déchets en mer sont des engins de pêche. Une étude récente publiée par Nature a révélé que 46% du plastique qu'on retrouve dans le Continent de Plastique dans le Pacifique est composé de filets de pêche. 

Le Référentiel Pêcheries du MSC et la pêche fantôme

Dans le Référentiel Pêcheries du MSC, l’impact de la pêche fantôme est pris en compte dans plusieurs éléments du Principe 2, en particulier dans les sections sur la gestion des impacts sur les habitats et celle qui tient compte de la mortalité des captures accessoires. Pour qu’une pêcherie soit au meilleur niveau selon le Référentiel Pêcheries, elle doit avoir connaissance de l’étendue de ses pertes d’engins et de l’impact de ces pertes sur les habitats, les écosystèmes et les espèces les plus préoccupants.

Si vous souhaitez en savoir plus, vous pouvez lire les conditions du Référentiel Pêcheries MSC sur la pêche fantôme décrites dans le cadre GSA7.  

Quelles actions sont menées par le MSC dans ce domaine ? 

Le MSC travaille avec des parties prenantes comme des ONG, des gestionnaires de pêcheries et des scientifiques dans le domaine de la pêche fantôme pour étudier l’éventuelle nécessité d’améliorer les exigences du Référentiel Pêcheries sur la pêche fantôme. Même si aucune transformation n’est sûre, ce travail permettra de savoir comment les experts auditeurs ont pris en compte l’impact de la pêche fantôme dans l’évaluation des pêcheries MSC en utilisant le Référentiel Pêcheries. Le MSC mènera également une analyse comparative des études scientifiques qui portent sur ce sujet 

Les pêcheries agissent sur le terrain 

Plusieurs pêcheries certifiées MSC ont introduit différentes manières de gérer les impacts de la pêche fantôme. Lorsque la pêcherie de cabillaud du Pacifique en Alaska est devenue certifiée MSC, il a été exigé qu’ils surveillent leurs pertes d’engins afin de maintenir leur certification. Ils ont également évalué les impacts de leurs pertes d’engins sur les écosystèmes. Ces pêcheries ont surveillé les impacts de la perte de palangres, casiers et filets de pêche. Les casiers pour capturer le cabillaud ont des panneaux et des anneaux d’échappement biodégradables pour réduire le phénomène de pêche fantôme.  

Dans la pêcherie française de homard du Cotentin et Jersey certifiée MSC, tous les casiers sont étiquetés avec le numéro d’enregistrement du bateau et l’année. Les pêcheurs doivent signaler la perte de casiers et seulement un nombre limité d’étiquettes de remplacement sont disponibles. Ce système motive les pêcheurs à ne pas perdre leurs casiers. 

Dans la pêcherie de crabe de Louisiane certifiée MSC, le Département de la Vie Animale et des Pêcheries de Louisiane, des bénévoles et des organisations locales ont réussi à enlever et jeter 37,101 casiers à crabes abandonnés ou dégradés.   

 

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