Une tribune co-signée par le MSC, l'Aquaculture Stewardship Council, l'Institut Océanographique de Monaco et France Nature Environnement, et lancée à l'occasion de la Semaine de la Pêche Responsable du 19 au 25 février 2018.
Logos cosignataires tribune

La fin d’année 2017 aura été marquée par la clôture des Etats Généraux de l’Alimentation et la 23ème conférence sur le climat à Bonn : deux évènements durant lesquels l’Océan méritait d’être, tant pour son rôle environnemental que nourricier, davantage au centre des débats et des décisions politiques. La Convention sur la Diversité Biologique met également la pêche en relation avec la biodiversité, à travers l’objectif 6 d’Aichi portant sur « l’intégration de la biodiversité dans le secteur de la pêche et de l’aquaculture » (COP 13, Cancun, 2016). L’urgence de la situation ne nous autorise plus à attendre les prochains grands rendez-vous politiques et nous encourage à passer à l’action dès maintenant. Au-delà des enjeux de mieux en mieux connus de la société civile, ce sont donc aujourd’hui les solutions et mesures concrètes pour la préservation de l’environnement marin que le Marine Stewardship Council (MSC),  l’Aquaculture Stewardship Council (ASC), l’Institut océanographique et France Nature Environnement (FNE) souhaitent impulser en lançant un appel à l’action pour davantage MOBILISER, COMPRENDRE et SENSIBILISER.

90 millions de tonnes de poissons (FAO) sont pêchées chaque année dans le monde. Ce total de captures sauvages reste à peu près stable d’années en années depuis bientôt 30 ans, malgré les évolutions techniques et une consommation de produits de la mer qui augmente. Il semble clair que nous avons atteint les limites de  ce que l’océan peut nous fournir. Les océans subissent aujourd’hui des pressions multiples parmi lesquelles les mauvaises pratiques de pêche, la surpêche et la pêche illégale qui entraînent un appauvrissement de la ressource et impactent les écosystèmes marins dans leur ensemble ; mais aussi la pollution ou le changement climatique. La FAO estime que 31% des stocks mondiaux de poisson sauvage sont surexploités –  stocks sur lesquels on prélève trop sans laisser le temps à la population de poissons de se renouveler – et 58% sont pleinement exploités (Rapport Sofia 2016 – FAO). 

En parallèle, pour répondre à la croissance démographique et à une demande en produits de la mer de plus en plus importante (la consommation mondiale individuelle a presque doublé en 50 ans pour atteindre plus de 20kg/an/personne), l’aquaculture s’est développée de manière fulgurante, avec une croissance annuelle moyenne de 8-10% ces 30 dernières années (FAO). L‘aquaculture est actuellement le système de production alimentaire avec la croissance la plus rapide au monde, et fournit aujourd’hui globalement 50% des produits de la mer consommés. Ce développement rapide, s’il n’est pas maîtrisé, peut avoir des impacts néfastes pour l’environnement : dégradation de mangroves, pollution des eaux, rejets de produits chimiques et médicaments, interactions des poissons échappés avec les espèces sauvages, Nombreux sont les enjeux écologiques liés à l’aquaculture, ainsi qu’aux conditions sociales dans les sites d’élevage.

La solution environnementale serait-elle tout simplement d’arrêter de manger du poisson ? Pas si simple… Il faut sans-doute modérer notre consommation de protéines animales. Mais parmi celles-ci, les produits de la mer ont toute leur pertinence : leur consommation d’énergie et d’eau douce est bien plus efficace comparé à la production d'animaux terrestres. Le poisson représente 17% des apports en protéines dans le monde et jusqu'à 70% dans certains pays côtiers. Il fait vivre 10 à 12% de la population mondiale, soit quelque 700 millions de personnes, en grande majorité en Asie (84%). C'est également l'une des ressources renouvelables les plus échangées au monde et plus de la moitié des exportations en valeur sont réalisées par des pays en développement. Notons qu’en France, environ 85% des produits de la mer que l'on trouve en points de vente ne viennent pas de nos côtes mais de l'importation. L’enjeu environnemental est donc bien plus global, puisqu’il pose des questions socio-économiques complexes à l’échelle du monde, auxquelles l’arrêt seul de la consommation de poisson ne pourrait répondre.

Alors quelles solutions ? Si aujourd’hui, différentes approches sont évoquées, que les solutions restent perfectibles et malgré la complexité des sciences halieutiques, nous nous accordons tous sur une même réalité : il faut agir dès maintenant. Pour, développer les connaissances scientifiques, continuer à améliorer les pratiques soutenables de pêche et d’aquaculture, créer les conditions pour des approvisionnements en poisson plus responsables, expliquer au grand public quels sont les enjeux environnementaux pour une consommation de produits de la mer raisonnée et enfin mobiliser tous les acteurs en dépassant les « clivages ». Nous sommes convaincus que c’est avec la contribution de tous, pêcheurs et producteurs, entreprises de produits de la mer et distributeurs, scientifiques et associations environnementales, institutions pédagogiques et responsables politiques, mais aussi consommateurs, que nous parviendrons à mettre en place des solutions efficaces pour préserver les ressources et les écosystèmes aquatiques.

Et si nos actions sont efficaces, nous en serons récompensés par les nombreux services que l’Océan offre à l’humanité ; l’Océan qui nourrit, protège, fait vivre, produit de l’énergie propre, fournit des solutions pour la médecine ou nous fait tout simplement rêver.

ILS AGISSENT :

  • En Octobre dernier, lors de la Conférence Our Ocean à Malte, 27 entreprises leaders du monde entier (parmi lesquelles Carrefour, IKEA, Aldi et Thai Union mais aussi les Organisations de Producteurs des pêcheries danoises et islandaises) se sont engagées à promouvoir l'offre, le commerce et la disponibilité en produits de la mer durables, traçables et certifiés.
  • Afin d’impulser une relation plus durable à l’océan, la Principauté de Monaco a lancé en 2017, une ambitieuse campagne scientifique et de médiation à travers le monde, les Explorations de Monaco. Celles-ci associent le Gouvernement Princier, la Fondation Prince Albert II, le Centre Scientifique de Monaco, le Yacht Club de Monaco et l’Institut océanographique.
  • Le Projet Medfish développé par le WWF et le MSC, lancé en 2016, a permis de cartographier et d’évaluer la durabilité de 14 pêcheries méditerranéennes en France et en Espagne, dans le but d’encourager des améliorations.
  • Des programmes de certification et de labellisation crédibles pour une pêche durable (MSC) et pour une aquaculture responsable (ASC) permettent aux pêcheurs et producteurs de progresser et aux consommateurs de faire un choix conscient avec les labels facilement reconnaissables. En France et dans le monde, les acteurs de la filière des produits de la mer sont de plus en plus nombreux à s’améliorer et à s’engager.
  • La Semaine de la Pêche Responsable en France qui se tiendra du 19 au 25 février 2018 vise à sensibiliser nos concitoyens à la préservation des Océans et la consommation responsable de produits de la mer.  Organisée conjointement par le MSC et l’ASC en partenariat avec l’Institut océanographique, Fondation Albert Ier, Prince de Monaco, elle vise à éduquer et informer le consommateur de l’importance d’une pêche durable et d’une aquaculture responsable. Pêcheurs et éleveurs certifiés, enseignes de magasins et entreprises de produits de la mer, Chefs : ils sont nombreux à avoir répondu positivement à cet appel pour une sensibilisation en magasin, en restaurant ou encore sur la toile.
  • Cette impulsion se poursuivra pour rassembler le plus largement possible, notamment à l’occasion de la Monaco Ocean Weekdu 8 au 14 avril prochains, en partenariat avec la Fondation Prince Albert II.
  • France Nature Environnement (FNE), fédération française des associations de protection de la nature et de l'environnement, est la porte-parole d'un mouvement de 3500 associations présentes sur tout le territoire français. Nombre de ses membres associatifs siègent dans les instances de gouvernances liées à la mer et sont experts en matière de pêche. Leur combat est de s’assurer qu’elle soit durable et respectueuse de la biodiversité marine. FNE communique auprès du grand public sur les impacts de la pêche sur les mammifères marins et met en avant des pratiques de pêche plus durables pour la biodiversité marine et les acteurs économiques. FNE réfléchit également à la place de la pêche dans l’alimentation des français et travaille sur un projet « alimentation durable » pour l’année 2018.

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Poisson : l'appel à l'action
Date of Issue: 19 février 2018

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