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Lumière sur les habitats des fonds marins

avril 19, 2019

Que sait-on vraiment des animaux et plantes qui peuplent les fonds marins ? Eponges de mer, plumes de mer et coraux en eaux profondes sont quelques exemples de mystérieuses créatures qui habitent les fonds marins. Le Référentiel Pêcheries du MSC prend en compte l’impact des pêcheries sur ces habitats invisibles et méconnus.

A pink sea pen growing in a sandy ocean floor with light shining on it

Le Référentiel Pêcheries du MSC prend en compte les habitats benthiques

Lorsqu’une pêcherie est évaluée selon les critères du Référentiel Pêcheries du MSC, l’équipe qui réalise l’audit prend en compte les impacts de la pêcherie sur l’ensemble de l’écosystème marin où les pêcheurs opèrent.

Une pêcherie ne peut pas être certifiée si son activité a des impacts destructeurs ou irréversibles sur la structure ou le fonctionnement des habitats des fonds marins. Dans le Référentiel Pêcheries, on désigne comme impacts irréversibles des dommages subis par un habitat qui mettrait 20 ans ou plus à se rétablir.

Les pêcheries évaluées selon la dernière version du Référentiel MSC doivent également prendre en compte les écosystèmes marins vulnérables (EMV), une notion utilisée par la FAO. La FAO a développé des critères pour définir les habitats des écosystèmes marins vulnérables en 2008 : ce sont des groupes d’espèces, communautés et habitats vulnérables aux impacts des activités de pêche. Le MSC utilise donc cette définition concernant les habitats dans les eaux profondes et peu profondes.

Dans nos exigences concernant les habitats, les pêcheries doivent viser à éviter complètement d’interagir avec des écosystèmes marins vulnérables. Dans les cas où l’évitement n’est pas possible, 80% d’un écosystème marin vulnérable ne doit pas être en interaction avec une activité de pêche. De plus, les pêcheries certifiées doivent travailler ensemble pour s’assurer qu’elles appliquent des mesures d’évitement similaires, afin de réduire les impacts cumulés sur les écosystèmes marins vulnérables.

Les actions mises en place par les pêcheries

Les exigences du Référentiel Pêcheries du MSC concernant les habitats encouragent les pêcheries certifiées à mieux comprendre et gérer leurs impacts sur les zones de pêche.

Au Groenland, une étude scientifique a permis de cartographier les fonds marins et ainsi d’aider les pêcheries certifiées de flétan à comprendre leurs impacts sur les habitats concernés. Des coraux et des éponges de mer vivent sur les fonds marins du Groenland, ainsi que des animaux incroyables tels que les bryozoaires ou des animaux semblables au lichen qui forment d’inhabituelles colonies dans les profondeurs.

En Afrique du Sud, une pêcherie certifiée de merlu pêche au chalut dans les eaux profondes et peu profondes au large des côtes ouest et sud. La pêcherie restreint ses activités aux traits de chaluts déjà utilisés par le passé, afin de limiter son impact sur les fonds marins. La pêcherie a soutenu des études scientifiques comme une recherche de 5 ans qui a analysé les changements opérés au sein de l’écosystème benthique après la fermeture de zones de chalutage. Cette étude a révélé que des anémones et des étoiles de mer vivaient dans ces eaux sombres et profondes, parmi de nombreuses autres espèces. Cette pêcherie de merlu a également fermé des zones de pêche dans le cadre de la mise en place d’Aires Marines Protégées (AMP). Le but des AMP est d’atteindre les objectifs d’Aichi 2020 de la Convention sur la diversité biologique, qui impliquent la protection de 10% des océans.

En Atlantique Sud-Ouest, une pêcherie certifiée de pétoncles a mis en place des réserves au sein de sa zone de pêche afin de maintenir les zones de reproduction des coquilles exemptes de toute perturbation liée aux activités de pêche. Pour garder leur certification, les pêcheurs doivent étudier comment les espèces évoluent dans les zones de pêches et dans celles interdites à la pêche, dans le but de s’assurer que cette activité ne cause aucun impact grave ou irréversible sur les habitats.

En Ecosse, une zone appelée Fladen était connue du gouvernement écossais comme une zone où des animaux benthiques (vivants dans les fonds marins) fragiles habitaient : les plumes de mer (ou pennatules). Les plumes de mer sont particulièrement sensibles à la pêche au chalut. Grâce à la certification et les exigences du MSC pour éviter les écosystèmes marins vulnérables, une pêcherie de cabillaud de 230 bateaux en mer du Nord a volontairement accepté d’éviter de chaluter cette zone et des systèmes sont désormais en place pour exiger l’application de cet accord. Si de nouvelles pêcheries sont certifiées dans la zone, elles devront également s’y conformer et éviter cette zone. Le gouvernement écossais travaille avec l’industrie sur ce type de fermeture de pêche volontaire.

Plume de mer

Utiliser la science pour aider les pêcheries à gérer leurs impacts

Pour aider les pêcheries à comprendre comment elles impactent les habitats benthiques, le MSC et l’Université de Bangor développent actuellement un outil qui les aidera à mesurer leurs impacts de manière régulière et uniforme.

Cet outil soulève 4 questions pour comprendre les impacts des pêcheries sur les habitats :

  • Où pêche un bateau et à quelle fréquence ?
  • Comment l’engin de pêche impacte les fonds marins ?
  • Quels types d’habitats benthiques existent dans la zone de pêche ?
  • Combien de temps est nécessaire à l’habitat pour se rétablir après avoir été perturbé par l’engin de pêche utilisé ?

Cet outil repose sur des informations détaillées, et pour certaines pêcheries, ces informations viennent tout juste de devenir disponibles. Pour d’autres pêcheries, ces informations seront plus longues à obtenir.

L’outil collecte les informations grâce à différentes sources :

  • Les livrets de bord des bateaux de pêche et les systèmes de surveillance à bord des navires (VMS pour Vessels Monitoring Systems) qui indiquent où les bateaux pêchent et à quelle fréquence.
  • Les études telles que Trawling Best Practice Project qui estiment les impacts des engins de pêche sur les fonds marins. Cette étude a révélé que la dégradation des habitats est directement liée à l’utilisation d’un engin de pêche. 
  • Les espèces qui vivent dans les fonds marins sont des indicateurs du temps nécessaire à un habitat pour se rétablir après une activité de pêche. S’il s’agit d’espèces qui vivent très longtemps comme les éponges ou les coraux, les habitats se rétabliront sur une période de temps plus longue.
  • La surface du plancher océanique en elle-même est aussi importante. Par exemple, un fond marin recouvert de sable exposé à des courants marins et des tempêtes se rétablira en général plus rapidement qu’un fond marin plus profond, plat et boueux.
Lorsque l’outil sera finalisé, le MSC espère que les pêcheries pourront connaître leurs notes au regard des exigences du MSC concernant les habitats. Cet outil permettra également aux pêcheries de savoir ce qu’elles doivent modifier dans leur gestion pour améliorer leurs impacts sur les habitats et ainsi leurs notes. Cet outil sera introduit entre 2020 et 2021. 
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