Les pêcheries de thon rouge

Le thon rouge de l’Atlantique (Thunnus thynnus) est une espèce pélagique répartie dans l’ensemble de l’Atlantique Nord et en Méditerranée, du Brésil jusqu’au Nord de la Norvège. Vivant entre la surface et 500 à 1000 mètres de profondeur, il effectue de grandes migrations, des eaux froides où il se nourrit, aux régions chaudes où il se reproduit. Il existe dans le monde 3 espèces différentes de thon rouge. Le thon rouge de l’Atlantique est l’une de ces espèces, pour laquelle on distingue à ce jour deux stocks : le stock Ouest et le stock Est et Méditerranée. La première pêcherie de thon rouge d’Atlantique Est dans le monde vient de franchir les dernières étapes nécessaires à l’obtention de la certification pêche durable du MSC

Même si la science sur l’état de santé de cette population de thon rouge est prometteuse, pour pêcher durablement il faut que la gestion soit précautionneuse. Il y a 20 ans, la demande pour ce thon si prisé à entrainé la surpêche de cette espèce, qui a atteint des niveaux très bas dans le monde entier

Rohan Currey, Directeur Scientifique du MSC

Afin de rendre une décision sur la durabilité de ces pêcheries, un organisme d’évaluation indépendant doit évaluer : 

- le niveau de santé du stock de thon rouge, 

- la protection des habitats marins et des 

- l’efficacité de la gestion de la pêcherie.

Ces exigences ont été développées avec la collaboration d’experts scientifiques, ONG et acteurs de la filière. Elles reflètent un consensus scientifique international et sont conformes au Code de Conduite pour une Pêche Responsable et aux lignes directrices sur l’étiquetage et la labellisation des produits de la mer de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture).

Réduire les impacts sur l’environnement marin

La pêcherie opère à la palangre, un engin passif qui consiste en une ligne munie de plusieurs hameçons, posée dans la colonne d’eau, sans impacts sur les habitats 

Des observateurs embarqués permettent de récolter des informations sur les espèces capturées 

Des réglementations sont en place pour limiter les impacts de la pêcherie sur les captures accessoires de thon rouge du stock d’Atlantique Ouest (quotas, fermeture de zones, etc.) et de requins bleus (utilisation d’hameçons circulaires, protocole de relâche vivant, etc.) 

Le filage de nuit, le lestage des palangres et la mise en place de mécanismes d’effarouchement permettent également à la pêcherie de ne pas avoir d’interactions négatives avec les oiseaux marins.

Des mesures de gestion efficaces

Depuis 2006, l’ICCAT a adopté un plan de reconstitution drastique qui a permis une réduction brutale et salutaire de l’effort de pêche grâce à un ensemble de mesures de limitation de la pêche. Un renforcement des contrôles et de la surveillande ont également réduit la pêche illégale, non déclarée et non réglementée et assurent le respect des réglementations. Ce plan de reconstitution, renforcé à plusieurs reprises, comprend :

- Une réduction drastique par 2 des quotas 
- Une augmentation de la taille minimale de capture par 3 pour laisser plus de jeunes dans l’eau 
- Une limitation et une surveillance accrue du nombre de permis de pêche accordé
- Des saisons et zones interdites à la pêche
- Des observateurs embarqués obligatoires sur les bateaux de plus de 15 mètres
- Un renforcement considérable des mesures de contrôles, de la surveillance (satellitaire, aérienne) 

Des avancées scientifiques

Des avancées scientifiques ont permis d’améliorer la fiabilité de l’évaluation des populations de thon rouge et de mieux les comprendre grâce à des campagnes de marquages, des études sur les traits biologiques, les migrations ou la maturité et la reproduction des thons rouge.

En 2018, sur recommandation des scientifiques, l’ICCAT a considéré les objectifs du plan de reconstitution atteints. ce qui a permis de prévoir une augmentation progressive des quotas toujours en ligne avec les avis scientifiques.

Assurer la bonne santé du stock

- La dernière évaluation du stock menée par les scientifiques de l’ICCAT a montré que la population de thon rouge d’Atlantique Est était en augmentation constante depuis plus de dix ans et est aujourd’hui à des niveaux sains, similaires à ceux des années 1970 avant la surpêche. 

- L’effort de pêche a considérablement chuté suite à la réduction des quotas instaurée dès 2007. Depuis près de 10 ans, les pêcheries pêchent moins que ce qui permettrait de maintenir le stock à son maximum de renouvellement RMD (Rendement Maximum Durable).

- Le plan de gestion actuel et les niveaux de quotas attribués suivent les recommandations des scientifiques de l’ICCAT et permettent de maintenir la population à des niveau sains et durables.

Les autres pêcheries de thon rouge et le MSC

À ce jour, une autre pêcherie de thon rouge d’Atlantique Est et de Méditerranée est en cours d’évaluation selon le Cahier des Charges Pêcheries du MSC. Il s’agit de la pêcherie française artisanale des petits métiers de Méditerranée membre de l’irganisation de producteurs SATHOAN. La durabilité de cette pêcherie est toujours en cours d’évaluation par une équipe d’experts indépendants menée par Control Union Pesca. Les parties prenantes participent à l’analyse et apportent leurs commentaires. La conclusion de l’évaluation devrait être connue dans les mois à venir.

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