Le MSC répond à l’étude de Changing Markets — Marine Stewardship Council
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Le MSC répond à l’étude de Changing Markets

La fondation Changing Markets, a récemment publié un rapport sur les différents systèmes de certification, dont le MSC. Ce rapport ne fait que reprendre et citer d’autres critiques déjà entendues et non fondées qui ignorent les impacts positifs que le programme MSC impulse depuis 20 ans. Par endroit, le rapport se contredit ou est tout simplement faux sur le MSC. Nous voudrions ainsi rectifier différents points mis en avant dans cette étude :

  •  «MSC et FOS ont tous deux certifié que de nombreuses pêcheries étaient durables - même lorsqu’elles surexploitaient, qu’elles présentaient des niveaux de prises accessoires très élevés et, dans certains cas, qu’elles étaient même en contradiction avec la législation nationale »

Aucune pêcherie certifiée MSC n’est surexploitée.  Les stocks ciblés par les pêcheries certifiées MSC ont des niveaux de biomasse durables et dans la plupart des régions les stocks s’améliorent après la certification.

Contrairement à ce que le rapport indique, l’impact des pêcheries sur les prises accessoires est évidemment pris en compte dans notre Référentiel.  Pour être certifiée MSC, une pêcherie doit prouver qu’elle dispose de suffisamment de données pour évaluer son impact sur les captures accessoires, que les stocks de celles-ci sont dans leurs limites de sécurité biologiques et que les opérations de pêches ne portent pas préjudice au développement du stock.

Enfin, aucune pêcherie ayant des pratiques de pêche contraires à la législation nationale ne peut être certifiée MSC : les règles locales, nationales et internationales doivent systématiquement être respectées

  •  « Le MSC certifie un certain nombre de pêcheries selon une approche « compartimentée »

Suite à une très large consultation d’ONG, scientifiques, pêcheurs et entreprises, le conseil d’administration du MSC a décidé en janvier 2018 de renforcer nos exigences pour l’évaluation des pêcheries, en particulier sur la compartimentation des unités d’évaluation. Dorénavant, tous les produits de la mer pêchés sur un même stock, lors d’une même marée, devront être certifiés MSC pour que les produits qui en sont issus puissent porter le label MSC. Cette mesure entrera en vigueur à partir de février 2019 pour les nouvelles pêcheries entrant dans le programme et celles qui sont déjà certifiées auront trois ans pour se conformer à cette nouvelle règle.

Cette critique est donc datée et omet de reconnaitre les évolutions du programme MSC. 

  • « La demande croissante de fruits de mer durables […] menace activement la crédibilité du MSC, car il n’y a pas assez de pêcheries véritablement durables pour subvenir à la demande. »

Depuis notre création en 1997, nos critères sont de plus en plus exigeants, et ils évoluent constamment pour répondre aux meilleures pratiques et intégrer les connaissances scientifiques internationales récentes. Nous ne simplifions pas nos critères pour répondre à la demande des distributeurs ; bien au contraire. Nous fixons la barre de la durabilité très haut et n’avons pas l’intention de diluer nos exigences : la moitié des pêcheries arrêtent après la pré-évaluation et environ 10% échouent au moment de l’évaluation. Depuis 2015, 17 pêcheries ont été suspendues du programme parce qu’elles n’étaient plus conformes à notre référentiel. 12% des captures mondiales sont actuellement certifiées, après 20 ans d’existence du MSC, ce qui veut dire que 88% ne le sont pas. Il est donc faux et totalement infondé d’affirmer que le MSC abaisse ses exigences pour faire du volume et répondre à une demande croissante pour des produits de la mer durables. Nous nous réjouissons que la demande augmente, car c’est ce mécanisme qui incite les pêcheries à s’améliorer pour atteindre ou conserver le niveau d’exigence de la certification MSC.

En guise de conclusion, l’étude propose des « voies à suivre » ; voies sur lesquelles nous intervenons déjà, à savoir :

 1)  La transparence

L’ensemble de nos rapports et référentiels sont publics et sont disponibles sur notre site internet. Tout y est détaillé, jusqu’aux noms et CV des experts scientifiques. Toutes les parties prenantes sont appelées à contribuer aux évaluations de pêcheries, des périodes de commentaires publics et d’objection sont prévues à cet effet. Nous sollicitons également leur participation active aux évolutions de notre programme ou même à notre gouvernance, composée à part égales d’experts scientifiques, d’ONG, de représentants de pêcheries et d’acteurs du marché.

 2) L’indépendance

 Comme la plupart des schémas de certification reconnus et selon les dispositions requises par la FAO, le MSC est un système tierce-partie. Aucune décision de certification n’est prise par le MSC, mais par des organismes de certification indépendants et accrédités. Les décisions des organismes de certification sont examinées et contrôlées lors des évaluations de pêcheries (grâce à un collège de pairs examinateurs, de périodes de consultations publiques et d’objection menées par un Arbitre Indépendant) et de façon continue par un organisme d’accréditation international reconnu, pour assurer une application correcte de nos critères.

Sur le plan financier, le MSC est une organisation à but non lucratif : nos rapports financiers sont publics et disponibles pour tout un chacun dans notre rapport annuel. Nous ne touchons pas d'argent lors de la certification d’une pêcherie et chaque centime des royalties versé par les marques qui utilisent notre label sur les produits finis est réinvesti dans notre programme.

3) Une approche holistique à haute traçabilité

La certification MSC couvre la durabilité des pêcheries mais également la traçabilité des produits jusqu’au consommateur final. Les exigences sont les mêmes pour toutes les pêcheries ou entreprises.  

 4) Viser des améliorations continues

Une pêcherie durable, lorsqu’elle obtient sa certification MSC, doit continuer à s’améliorer pour la conserver. La quasi-totalité des pêcheries certifiées MSC doivent mettre en place des actions d’amélioration suite à leur certification et la plupart d'entre elles sont menées dans les 5 ans. Avec plus de 20 ans de recul, le travail des pêcheries certifiées MSC porte ses fruits (Global Impact) :  depuis 1997, 94% des pêcheries certifiées ont dû apporter au moins une amélioration de leurs pratiques, soit plus de 1200 actions concrètes pour une pêche plus durable ! Ce rapport choisit ici encore d’ignorer cet aspect primordial du programme MSC.

Aucun système n’est parfait et le MSC est en constante évolution depuis sa création pour être toujours en phase avec les exigences et les connaissances scientifiques pour une pêche durable.

Le programme MSC contribue à la pêche durable en associant des distributeurs, des ONG et des pêcheries. En étant au croisement du système de pêche-transformation-distribution, le MSC est bien placé pour encourager les progrès. Notre objectif est de valoriser les pêcheries durables et de pousser toute la filière à toujours s’améliorer et pour cela il faut reconnaître les efforts réalisés par les pêcheurs du monde entier.

Nous avons toujours écouté avec intérêt les avis des ONG, des scientifiques, des pêcheries ou des entreprises de la filière et nous continuerons à le faire. Et pour les consommateurs qui veulent faire la différence par leurs achats, les labels comme le MSC sont un très bon point de départ.

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