Communiqués de presse

Le thon rouge d’Atlantique Est est-il sorti d’affaire ?

juillet 29, 2020

Après plusieurs années de surpêche, la population de thon rouge en Atlantique Est a atteint des niveaux sains, similaires à ceux des années 1970 avant déclin

Le Marine Stewardship Council (MSC), ONG internationale à but non lucratif qui lutte depuis plus de vingt ans pour la préservation des océans et contre la surpêche, annonce qu’une pêcherie japonaise de thon rouge Usufuku Honten opérant en Atlantique Est (palangrier détenant 0,2% du quota) vient de franchir les étapes nécessaires à la certification pêche durable du MSC[1], respectant ainsi les normes de durabilité de l’ONG définies dans son cahier des charges environnemental. Historiquement surexploité et controversé, le thon rouge est désormais une ressource durable dans cette zone géographique du monde.

Le thon rouge en Atlantique Est se remet de la surpêche des années 2000

Grâce à 15 ans de gestion internationale stricte et précautionneuse, la population de thon rouge de l’Atlantique Est s’est aujourd’hui remise de la surpêche des années 2000. En effet, la dernière évaluation de la population menée par les scientifiques de l’ICCAT (Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique) montre que la population de thon rouge d’Atlantique Est est en augmentation depuis plus de dix ans, et serait aujourd’hui à des niveaux sains, similaires à ceux des années 1970 avant les épisodes de surpêche.

C’est grâce aux efforts conjoints des scientifiques, de pêcheurs, des ONG, et des gestionnaires que cette belle histoire a été rendue possible. Suite aux alertes lancées par les ONG et les scientifiques, l’ICCAT a adopté en 2006 un plan de reconstitution, qui a été de nombreuses fois renforcé. Il a permis de réduire drastiquement l’effort de pêche via de nombreuses mesures de limitation de la pêche, mais aussi un renforcement des contrôles et de la surveillance pour réduire la pêche illégale, non déclarée et non réglementée.  L'ICCAT a considéré les objectifs de reconstitution atteints en 2018, ce qui a permis de prévoir une augmentation progressive des quotas en ligne avec les avis scientifiques.

La pêcherie japonaise devra continuer à travailler avec l’ICCAT, les scientifiques et les autorités pour assurer que le plan de gestion adopté en 2018 par la Commission s’aligne toujours sur les recommandations des scientifiques et permette de maintenir la population en bonne santé.

Infographie sur le thon rouge d’Atlantique Est, la pêcherie japonaise et la pêcherie française en cours d’évaluation

Quelle solution face à la surpêche ?

Dans les années 2000, avant que l’ICCAT ne développe un plan de reconstitution des populations de thon rouge sur 15 ans, et malgré les alertes de multiples scientifiques et ONG environnementales, la situation était alarmante. Les pêcheries de thon rouge avait atteint leur pic de captures avec près de 50 000 tonnes pêchées chaque année.

Selon le dernier rapport de la FAO, 34,1% des stocks de poissons à l’échelle mondiale sont surexploités, contre 30% il y a 10 ans. Si l’on ne fait rien, le phénomène continuera de grandir. Les mauvaises gestions d’exploitation ont épuisé nos ressources naturelles, et continuent d’avoir de nombreuses répercussions sur nos océans et le climat. Il y a urgence à agir, l’exemple du thon rouge d’Atlantique Est montre qu’inverser la tendance est possible !

« C’est l’histoire d’une pêche qui a réussi à se redresser. Le thon rouge d’Atlantique Est était une espèce autrefois menacée et aujourd’hui, nous pouvons affirmer qu’elle est durable, cette certification est historique ! C’est à la fois l’aboutissement d’une coopération de longue date entre pêcheurs, scientifiques, gestionnaires et ONG, et aussi le début d’un engagement sur le long terme pour maintenir ce niveau de durabilité et aller toujours plus loin. » indique Jean-Charles Pentecouteau, directeur du MSC France.

En tant qu’ONG environnementale, le MSC est une des solutions concrètes à la surpêche : l’expertise scientifique et le cahier des charges environnemental de l’organisation sont un objectif à atteindre pour participer au mouvement pour une pêche plus durable. Cette “boîte à outils” permet aux pêcheries comme aux entreprises qui le souhaitent d’adopter des pratiques plus respectueuses de l’environnement. Le MSC s’avance ainsi comme un levier de transition écologique pour tout acteur désireux de prendre part au changement, surtout à l’heure où la sécurité alimentaire est fortement menacée par la crise sanitaire et économique actuelle.

La transparence et l’ouverture pour nourrir les réflexions

Le modèle du MSC repose sur la transparence et l’ouverture : les évaluations des pêcheries sont menées par des organismes indépendants et le processus d’évaluation est participatif. Ce qui veut dire que les parties prenantes qu’elles soient ONG, gouvernements, scientifiques en écologie marine, biologie comportementale, sciences halieutiques…, organisations de pêche, parmi d’autres peuvent faire des retours tout au long de la période d’analyse de la performance de la pêcherie. Leurs apports sont essentiels pour nourrir les réflexions. En cas de désaccord entre les différents participants lors de l’évaluation, le MSC prévoit une procédure d’objection.

Dans le cas de l’évaluation de la pêcherie de thon rouge d’Usufuku Honten, les objections d’ONG environnementales ont permis d’adapter certaines notations sur l’état des populations et les impacts environnementaux, de renforcer le plan d’action de la pêcherie et d’identifier les conditions de certification supplémentaires que la pêcherie devra remplir pour conserver son certificat, valable cinq ans.

Infographie sur le thon rouge d’Atlantique Est, la pêcherie japonaise et la pêcherie française en cours d’évaluation



[1] A date, et au terme d’un processus d’objection tierce partie, le juge indépendant a rendu sa décision sur laquelle l’organisme de certification se basera pour rendre son rapport final

  • '{{item.Image.Title}}', {{item.Image.Artist}}, {{item.Image.Description}}