En juillet 2022, la pêcherie d’espadon à la palangre à la Réunion devient la première pêcherie à obtenir la certification environnementale de l’ONG MSC dans l’océan Indien. Elle étend sa certification pour le thon germon et le thon albacore en août 2026.
La petite histoire
L’espadon et les thons germon et albacore sont pêchés avec des palangres pélagiques par deux types de navires. Les mini palangriers, d’une taille inférieure à 12 mètres, pêchent principalement dans la Zone Economique Exclusive (ZEE) réunionnaise à la journée. Les palangriers hauturiers, d’une taille supérieure à 12 mètres, effectuent des marées de 14 à 20 jours au-delà des 20 milles nautiques dans les ZEE de l’Ile Maurice, de Madagascar et des Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF) ainsi que dans les Eaux Internationales. Les palangres sont déployées à la tombée de la nuit et remontées à l’aube.
Certifiée en 2022, le certificat est porté par l'ARIPA (Association Réunionnaise Interprofessionnelle de la Pêche et de l'Aquaculture).
Pourquoi est-elle certifiée MSC?
La pêcherie a été évaluée par un organisme de certification indépendant (Control Union) pour déterminer son niveau de durabilité environnementale.
Les pratiques de la pêcherie sont conformes aux exigences du Référentiel MSC Pêche Durable qui s’articule autour de trois principes :
- Les populations d'espadon, de thon germon et d’albacore dans l'océan Indien sont en bonne santé et en capacité de se renouveler.
Ces dernières sont gérées dans le cadre des mesures adoptées par la Commission Thonière de l’Océan Indien (CTOI). - Les impacts sur les autres espèces, les écosystèmes et les habitats sont limités.
- L’engin de pêche utilisé, les palangres pélagiques sont déployées dans la colonne d’eau sans impact sur les fonds marins.
- La pêcherie participe à de nombreux projets et collaborations scientifiques pour identifier des solutions permettant de réduire ses impacts sur les espèces non ciblées.
- Les pêcheurs sont formés à la manipulation et à la remise à l’eau des espèces sensibles telles que les tortues, et disposent de kits de remise à l’eau de ces espèces sensibles. Ils ramènent à terre les tortues blessées, afin qu’elles soient soignées par Kelonia et l’Observatoire des tortues, avant d’être relâchées en mer. - La gestion de la pêcherie est efficace et transparente La pêcherie est encadrée par la Commission des Thons de l'Océan Indien (CTOI) au niveau international et par le CRPMEM de la Réunion au niveau européen, national et local.
Engin de pêche
Marché
Toutes les captures d’espadon sont débarquées dans les ports Réunionnais, en frais. La majorité des captures est transformée dans les ateliers de l’ARIPA (Association Réunionnaise Interprofessionnelle de la Pêche et de l'Aquaculture) et commercialisée directement dans leurs poissonneries. Une partie des captures est également exportée en Espagne et en Italie.
Quels progrès en cours ?
4 axes d’amélioration ont été identifiés pour que la pêcherie conserve sa certification :
- Des règles de contrôle des captures (HCR) existent pour l’espadon et pour l’albacore, néanmoins, il reste à démontrer qu’elles sont effectivement mises en place, testées et robustes.
- En l’absence de répartition claire de la limite de captures d’albacore entre les différents acteurs concernés, il faut démontrer que les autres mesures de gestion mises en place par la CTOI permettent d’encadrer efficacement les captures et de répondre aux principaux enjeux liés à ce stock.
- Des règles de contrôle des captures (HCR) doivent être développées et adoptées pour le thon germon.
- Afin d’évaluer l’impact de la pêcherie sur les espèces sensibles, notamment les requins et les tortues, des informations complémentaires doivent être apportées concernant les interactions avec ces espèces et leur survie après remise à l’eau.

