Après des années d'efforts, les pêcheurs à la ligne de thon rouge sont devenus, en 2020, les premiers pêcheurs en Méditerranée et la deuxième pêcherie certifiée MSC Pêche Durable dans le monde pour le thon rouge.
La petite histoire
Après des années d'efforts, les pêcheurs sont devenus, en 2020, les premiers pêcheurs en Méditerranée et la deuxième pêcherie certifiée MSC Pêche Durable dans le monde pour le thon rouge.
En novembre 2025, la pêcherie a obtenu cette certification pour la deuxième fois, confirmant la durabilité de ses pratiques.
Si la pêche est possible toute l’année, la principale saison s’étend de mars/avril, lorsque les thons rouges se rapprochent de la côte, jusqu’aux mois de novembre/décembre.
Le thon rouge est pêché à la canne ou à la palangre par des navires côtiers de moins de 18 mètres, pratiquant une pêche à la journée dans les eaux françaises du Golfe du Lion et, plus au sud, entre la côte espagnole et les Baléares.
Une fois pêché, la méthode Ikejime est utilisée afin de mettre rapidement le poisson hors d’état de stress, ce qui garantit une qualité optimale et une meilleure conservation du thon rouge.
Les thons rouges sont ensuite conservés entiers à bord dans de l’eau de mer glacée, afin de préserver leur fraîcheur.
Chaque poisson est identifié avec un document électronique de capture thon rouge (eBCD) et une bague d’identification est apposée sur chaque thon rouge débarqué. Les bagues d’identification sont fournies par les services de l’Etat (DIRM) à la SATHOAN.
Le certificat est porté par les producteurs artisans fédérés par la SATHOAN (pour Sardine – Thon – Anchois).
Pourquoi est-elle certifiée MSC ?
La pêcherie a été évaluée par un organisme de certification indépendant (Control Union) pour déterminer son niveau de durabilité.
Les pratiques de la pêcherie répondent bien aux trois principes garantissant la durabilité environnementale d’une pêcherie selon le Référentiel MSC Pêche Durable :
- Le thon rouge est en bonne santé en Méditerranée et le stock est capable de se renouveler. Sa reconstitution résulte du cadre de gestion mis en place par la CICTA (Commission Internationale de Conservation des Thonidés d’Atlantique) à partir de 2007, complété par un plan de gestion renforcé en 2018 et 2022. Elle repose sur les avis scientifiques pour fixer les limites de captures et prévoit des mesures strictes : limitation des quotas de captures, taille minimale au débarquement, bague d’identification sur chaque poisson débarqué, déclaration des captures dans des outils de suivi dédiés, ...
- Les impacts sur les autres espèces, les écosystèmes et les habitats sont limités.
- La palangre et la canne sont des engins ne touchant pas le fond marin.
- Un guide de Bonnes Pratiques a été élaboré pour former les pêcheurs à manipuler et remettre à l’eau les espèces sensibles, afin de maximiser leurs chances de survie. Les espèces sensibles concernées incluent notamment le requin peau bleue et la raie pastenague violette.
- La pêcherie participe par ailleurs à des programmes de recherche sur les requins, les raies et les oiseaux marins. - La gestion de la pêcherie est efficace, transparente et réactive.
- Les objectifs à long terme incluent la durabilité du stock, la préservation des habitats et des écosystèmes et sont basés sur des avis scientifiques (Ifremer, CICTA).
- Un plan de gestion pluriannuel pour le thon rouge est en vigueur au niveau international (CICTA).
- Des contrôles en mer et à terre sont réalisés par les autorités compétentes chargées de la surveillance des pêches.
ENGINS DE PÊCHE
Pêche à la canne
Pêche à la palangre
Marché
Quels progrès en cours?
À la suite de sa seconde évaluation, 2 axes d’amélioration ont été identifiés pour que la pêcherie conserve sa certification :
- Mettre en place une stratégie d’approvisionnement durable en appâts, garantissant que les impacts sur les espèces utilisées comme appâts sur les cannes et les palangres soient maitrisés. Un travail de collecte de données, de veille scientifique sur l’état des stocks d’appâts et de consultation d’experts sera réalisé en vue d’atteindre cet objectif d’ici 2028.
- Renforcer la collecte de données sur les interactions avec les espèces sensibles pour déterminer avec précision l’impact de la pêcherie sur ces espèces, d’ici 2027.
- En complément des données déjà collectées par les pêcheurs et les observateurs scientifiques, la pêcherie renforcera le suivi de ses interactions avec le requin peau bleue et sa survie après remise à l’eau sera évaluée.
- La pêcherie prendra contact avec des centres de soins pour tortues et oiseaux marins et participera à des réunions de concertation (scientifiques, pêcheurs, autorités publiques) afin d’améliorer la collecte de données.
La pêcherie participe à de très nombreux projets en collaboration avec des organismes scientifiques :
COMPRENDRE ET GERER LES IMPACTS SUR LES RAIES
Dans le cadre du projet RAYVIVAL, la SATHOAN, l’IFREMER et le CNRS ont travaillé à la compréhension des impacts de la pêcherie sur les raies pastenagues violettes (Pteroplatytrygon violacea).
41 raies ont été marquées électroniquement entre 2021 et 2023 afin de mesurer leur taux de survie. Les données collectées suggèrent une survie très élevée après la remise à l’eau par les pêcheurs. Accédez au rapport complet
Le projet est soutenu par le Fonds d’Appui pour la Pêche Durable du MSC et France Filière Pêche.
Découvrez ce projet innovant en vidéo
Découvrez le projet RAYVIVAL
COMPRENDRE ET GERER LES IMPACTS SUR LES REQUINS
- Le projet LARGE PELAGICS (2024 – 2025), mené par le WWF, qui a permis d’évaluer le taux de survie après remise à l’eau du requin peau bleue, grâce à des marquages électroniques.
- Le projet PROTECT-MED (2023 – 2026), porté par la SATHOAN en collaboration avec l’IFREMER, l’IRD et le WWF, qui a pour objectif de protéger les écosystèmes marins, en réduisant les impacts des activités de pêche sur la biodiversité marine.
- Le projet LIFE-EMM (2024 – 2030), coordonnée par l’Office Français pour la Biodiversité, qui a pour objectif de réduire la mortalité des espèces sensibles, dont le requin peau bleue, sur les 3 façades maritimes françaises.

