Communiqués de presse

Notre fact-checking sur « Seaspiracy : la pêche en question »

avril 12, 2021

Oui, la pêche durable existe et elle permet de préserver l’océan.  

Le film Seaspiracy diffusé sur Netflix soulève un large éventail de problématiques auxquelles l’océan est confronté et questionne notamment la crédibilité de la pêche durable et en particulier le travail de notre ONG, le Marine Stewardship Council (MSC).  

Si nous sommes en effet d’accord pour donner plus de visibilité à la crise de la surpêche dans le monde entier, nous souhaitons apporter notre éclairage sur des affirmations trompeuses du film pour rétablir la vérité. Notre fact-checking sur Seaspiracy :   

« La pêche durable n'existe pas » 

Affirmer que la pêche durable n’existe pas est une fake news. Au contraire, les populations de poissons peuvent se régénérer et se rétablir si elles sont gérées avec précaution sur le long-terme. C’est une des merveilles de ce que l’océan peut offrir. Il existe de nombreux exemples de populations de poissons qui se sont rétablies alors même qu’elles étaient surexploitées et au bord de l’effondrement. C’est le cas de la légine des mers australes ou du merlu en Namibie après des années de surpêche par les flottes étrangères ou de l’augmentation de certaines populations de thons essentielles au niveau mondial. Des études scientifiques indiquent que les populations de poissons bien gérées et durables sont aussi plus productives sur le long-terme. Autrement dit, pêcher mieux sans mettre en danger l’environnement permet de produire plus de ressources pour nourrir une population mondiale grandissante, qui devrait atteindre 10 milliards de personnes en 2050.   

« La certification MSC est trop laxiste et n'est pas crédible » 

L’ONG MSC est très fière d'avoir contribué à la transformation des pratiques de pêche et à la croissance du mouvement en faveur d’une pêche durable, aux côtés de nombreux autres partenaires et organisations. Il existe plus de 400 pêcheries certifiées MSC dans le monde à date. Le processus d’évaluation et de certification n'est pas mené par le MSC : il est indépendant et est réalisé par des experts et des organismes d'évaluation tierce-partie. Il s'agit d'un processus entièrement transparent. Les ONG et d’autres parties prenantes (organisations de pêche, scientifiques, institutions, …) ont de multiples occasions d'apporter leurs contributions tout au long de l’évaluation. Toutes nos évaluations peuvent être consultées en ligne sur le site Track a Fishery. Seules les pêcheries qui répondent aux exigences rigoureuses et scientifiques du cahier des charges sont reconnues durables par le système de certification du MSC. Contrairement à ce que disent les réalisateurs du film Seaspiracy , la certification n'est pas un processus facile, et certaines pêcheries passent de nombreuses années à améliorer leurs pratiques afin d'atteindre nos exigences environnementales très élevées. En effet, la grande majorité des pêcheries qui effectuent des pré-évaluations ne remplissent pas tous les critères du cahier des charges et doivent apporter des améliorations significatives pour pouvoir prétendre à la certification. 

« Le MSC est financé par le secteur et n'est pas indépendant » 

Le MSC est une ONG à but non lucratif créée par le WWF et Unilever il y a plus de 20 ans pour lutter contre la surpêche. Nous ne sommes pas une entreprise et nous ne recevons aucun revenu des pêcheries ou des organismes d’évaluation.  

Nos revenus proviennent de deux sources : les dons de fondations et l'octroi de licences pour l’utilisation de notre écolabel, qui est utilisé par les entreprises de la chaîne d'approvisionnement, telles que les producteurs alimentaires, la grande distribution et les restaurants, pour garantir que les approvisionnements qu’ils proposent sont durables. Les entreprises ou producteurs ont le choix d’apposer l’écolabel sur les produits qu’ils proposent. Il s’agit en effet d’une démarche volontaire et seule une petite partie des produits de la mer provenant de pêcheries certifiées portent in fine l’écolabel 

Tous les revenus provenant de l'utilisation des licences sont réinvestis dans notre programme de travail.  Cela inclut, par exemple, l'octroi de subventions par le biais de notre Fonds mondial pour une pêche durable, afin de soutenir les pêcheries dans les pays en développement.   

Le MSC est entièrement transparent quant à son modèle de financement. Nous pensons que la demande des citoyens pour une alimentation durable contribue à la transformation du secteur de la pêche, et encourage toujours plus la mise en place de pratiques de pêche durables dans toute la filière.  

« Les pêcheries certifiées MSC présentent des niveaux inacceptables de prises accessoires » 

Les pêcheries certifiées MSC doivent prouver qu'elles minimisent activement leurs prises accessoires (by-catch). Les pêcheries qui doivent s'améliorer dans ce domaine peuvent se voir fixer des objectifs qu'elles doivent atteindre pour conserver leur certification, sans quoi elles risquent d'être suspendues. La pêcherie islandaise mentionnée dans Seaspiracy est un bon exemple. Elle a été suspendue du programme MSC en raison de problèmes liés aux prises accessoires et n'a été autorisée à réintégrer le programme que lorsque ces problèmes ont été résolus.  

Il existe de nombreux exemples positifs de pêcheries certifiées MSC qui introduisent des innovations pour protéger la biodiversité marine, comme la modification de l’engin de pêche pour diminuer les prises accessoires de tortues ou l'ajout de lumières LED pour augmenter la sélectivité des engins. Parmi les réalisations notables des pêcheries certifiées MSC, une pêcherie de langoustes en Australie a réduit ses prises accessoires d'otaries et une pêcherie de merlu en Afrique du Sud a réduit de 99% ses prises accessoires d'albatros. 


La pêche durable contribue à protéger l’océan et nos sociétés 

Bien que nous soyons en désaccord avec la plupart des propos des réalisateurs du film Seaspiracy, nous sommes alignés sur un point : il existe une crise majeure, la surpêche. Or, des milliards de personnes dans le monde dépendent des produits de la mer pour leurs besoins en protéines. La population mondiale devant atteindre 10 milliards d'habitants en 2050, il est plus urgent que jamais d'exploiter nos ressources naturelles de manière plus responsable. La pêche durable a un rôle vital à jouer dans la pérennisation de ces ressources. 

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