Une nouvelle étude du World Resources Institute révèle que les engagements belges en faveur de la biodiversité en mer du Nord ne sont pas suffisamment mesurables
Presque tous les pays côtiers promettent de mieux protéger nos océans, mais dans les faits, ces engagements restent trop souvent de simples intentions. C’est ce qui ressort d’une nouvelle étude de grande ampleur du World Resources Institute (WRI), à laquelle le Marine Stewardship Council (MSC) a également contribué. L’étude révèle d’importantes lacunes dans les ambitions mondiales et européennes visant à préserver la biodiversité des océans. Les engagements pris dans le cadre du Cadre mondial de la biodiversité (Global Biodiversity Framework) manquent très largement d’objectifs concrets et mesurables ainsi que d’un ancrage juridique.
Dans le cadre de cette étude, les scientifiques ont examiné 812 initiatives consacrées à la biodiversité des milieux aquatiques dans 73 pays côtiers et au sein de l’Union européenne. Les résultats sont éloquents :
- 60 % des initiatives comportent un indicateur mesurable ou une échéance.
- 26 % des initiatives s’appuient sur une législation ou une politique existante.
- Seules 13 % répondent aux deux critères : être mesurables et s’appuyer sur un cadre politique.
La Belgique affiche des ambitions, mais manque d’objectifs mesurables
La Belgique souhaite elle aussi protéger ses écosystèmes marins et a défini, ces dernières années, plusieurs axes d’action ambitieux. Notre pays entend notamment mettre fin à la surpêche et au commerce illégal, protéger au moins 30 % de ses zones côtières et marines (dont 10 % sous protection stricte), ainsi que réformer les subventions préjudiciables à la biodiversité.
Ces intentions sont louables, mais la Belgique se heurte au même problème. Parmi les 23 mesures belges reprises dans le rapport, seules quatre sont concrètement mesurables. Sans étapes intermédiaires ni échéances clairement définies, les ambitions belges risquent elles aussi de tomber à l’eau.
Le label MSC permet, lui, de mesurer les résultats
Là où les politiques publiques manquent souvent d’indicateurs chiffrés concrets, le Marine Stewardship Council (MSC) propose un outil de mesure clair. Le standard MSC est reconnu à l’échelle internationale par la Convention des Nations unies sur la diversité biologique comme un moyen fiable de mesurer et d’améliorer l’impact de la pêche sur la vie marine. Le MSC constitue ainsi un exemple d’indicateur permettant de mesurer la réalisation des objectifs politiques.
« Le Cadre mondial de la biodiversité offre une occasion de mettre un terme à l’érosion de la biodiversité », déclare William Morré, Country Manager de MSC Belgique. « La reconnaissance de la pêche durable constitue une première étape positive. Il appartient maintenant aux pouvoirs publics de traduire ces intentions en actions concrètes, assorties d’objectifs clairs, de calendriers précis et d’un cadre juridique. »
Les pêcheries certifiées MSC font l’objet d’une évaluation indépendante par un organisme tiers, conformément au référentiel MSC fondé sur des données scientifiques. Ce référentiel repose sur trois principes : des stocks de poissons en bonne santé, un impact minimal sur l’environnement et une gestion efficace à long terme. Le label offre ainsi aux pouvoirs publics et au secteur un outil prêt à l’emploi pour démontrer que leurs engagements se traduisent réellement dans les faits.